Cinéma·Réflexion·Ressources humaines

Cinéma d’animation & Team Building

Le cinéma d’animation est un outil innovant pour répondre de façon originale aux différentes problématiques de management dans l’entreprise : motivation, cohésion, valorisation. L’idée de concilier une journée management avec la réalisation d’un court-métrage d’animation est venue de mon précédent manager. Une expérience très enrichissante dont je vous parle ici.

Cet atelier était animé par l’association l’équipée à la Cartoucherie de Bourg-lès-Valence dans la Drôme, un haut lieu de l’animation made in France d’où sont sortis des long-métrages comme Une Vie de chat et La Prophétie des Grenouilles, en plus d’une salve annuelle d’étudiants brillants issus de la Poudrière, l’école européenne du cinéma d’animation (la preuve ici).

Pourquoi un atelier de Team building ?

L’équipée est une association qui joue le rôle de passerelle entre les publics et les professionnels du cinéma d’animation. De récentes réflexions sur son modèle économique l’ont amenées à proposer des atelier participatif sur le thème du Team building.

 » À la croisée de tous les arts, le cinéma d’animation est une activité originale et un moyen d’expression unique pour travailler la cohésion d’équipe. Il permet un travail de fond sur les valeurs de l’entreprise et la créativité se met au service d’un projet collectif où chacun est amené à donner le meilleur.  »

Extrait du site de L’équipée, Bourg-lès-Valence (26)

Au cours de ces ateliers, les participants doivent réaliser un film d’animation, de l’écriture du scénario au tournage, en passant par la création du story-board, la fabrication des décors et des personnages. Ils apprennent à formuler des propositions, affirmer leurs choix, travailler en équipe et optimiser leurs compétences avec l’objectif de réaliser un produit fini qu’ils pourront en prime ramener chez eux.

Tout commence par une question : Quel est votre premier souvenir d’animation ?

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Gandahar, René Laloux 1988

Dans la liste des films que j’ai vu plus jeune mais dont le nom m’échappe, il y en a un qui m’a hanté pendant longtemps. De vagues souvenirs d’une histoire mettant en scène un peuple d’humanoïdes pacifiques à la peau bleutée me revenaient parfois en mémoire sous forme de flashes. Impossible non plus de me rappeler de la bande originale du film, qui n’aurait pourtant rien à envier au thème de la Marche impériale de Star Wars.  A l’idée de faire cet atelier tout m’est revenu par hasard comme une révélation. Ce film c’était Gandahar.

Dans la liste des souvenirs d’animation qu’ont les gens nés en 1992, on retrouve souvent Batman la série animée, le Bus magique, les Animaniacs (ce générique hante encore mes pires cauchemars), Cortex et Minus, Le Laboratoire de Dexter, Inspecteur Gadget, les Tortues Ninja, Hey Arnold, Rolie Polie Olie … la liste est encore longue. Mais Gandahar reste celui qui m’a le plus marqué par son univers et rencontre encore aujourd’hui un certain écho (je le trouve très pertinent en tant que fable écologique). Et si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article : Allez voir ce film. Il est disponible sur Youtube. Vous pouvez aussi voir un trailer ici. Foncez.

Etape 1 : l’Ecriture du scénario (Brainstorming)

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Extrait de notre court-métrage

Nous avons travaillé par groupe de trois sur un thème proposé par l’artiste qui nous a accompagnée tout au long de cette journée : Rêve d’enfant. L’écriture du scénario s’apparente vraiment à un brainstorming où chacun propose ses idées en lien avec le thème. Assez naturellement, un membre du groupe prend le rôle d’animateur en tentant de structurer une histoire en fonction des propositions des autres et en recentrant l’action autour d’une trame principale. Le cinéma d’animation à cette faculté de desinhiber les participants dans le sens où chaque idée est considérée comme bonne à partir du moment où les autres peuvent se l’imaginer (autant dire que toutes les idées sont acceptables pour le groupe, ce qui valorise la participation de chacun). Nous tenions un scénario en béton (bien qu’irréel) : l’histoire d’un chat paresseux qui se rêve en super-héros.

Etape 2 : le Storyboard (Planification)

A l’instar d’une mindmap, le storyboard est la représentation illustrée du film avant sa réalisation. Il planifie l’ensemble des plans qui constitueront le film sous la forme d’une bande dessinée. Le storyboard comprend dans une même case plusieurs éléments destinés à offrir un premier aperçu du projet : descriptif de la scène, type de plan, dialogues, éléments sonores, musique, etc. Le storyboard facilite le travail du réalisateur et sert aussi à vérifier en cours de production que le projet respecte les consignes définies en pré-production. En voici quelques exemples chez Pixar pour les films Toy Story, Là-Haut et Le Monde de Nemo entre autres.

Je pense que le storyboard ouvre de nouvelles perspectives en tant que méthode de gestion de projet originale par une représentation schématique de la planification des différentes étapes du projet : points clés, résultats attendus, personnes à mobiliser, causes de retards éventuels, etc.

Etape 3 : Création des décors et des personnages (Evaluation, Gestion de l’environnement)

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Le casting de notre court-métrage

Si notre scénario était à la base assez ambitieux (on parle quand même d’un super héros qui sauve la ville d’une énorme météorite), nous avons dû revoir certains points de notre histoire à cause de restrictions techniques de l’atelier. Impossible de faire un décor de ville avec des buildings peints sur des cartons. Pas le temps non plus d’ajouter des effets sonores à notre court-métrage (l’atelier ne durant qu’une journée).

Nous avons dû faire preuve d’inventivité pour faire avec ce que le studio nous proposait : morceaux de tissus, papier carton, pâte à modeler pour les personnages, trombones pour articuler leurs membres, feutres, crayons de couleurs, … Les étagères regorgeaient de matières et de couleurs.

Etape 4 : la Réalisation (Cohésion d’équipe)

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En cours de réalisation

Je ne suis pas sur cette photo mais nous disposions exactement du même matériel : une table pour superposer nos éléments de décors et nos personnages, des lumières, une caméra réflex pour prendre nos clichés (un par un, sinon c’est trop facile évidement).

La réalisation du court-métrage prend du temps, demande de la précision et surtout de la coordination. Car celui/celle qui fait bouger les personnages sur la table doit communiquer avec la personne en charge de prendre la photo, qui à son tour doit dire si le mouvement est correctement effectué par rapport au cliché précédent (dans le cas contraire, on superpose les deux photos pour retrouver l’ancienne position du personnage). Est-ce que tout le monde me suit ?  C’est un exercice complexe mais largement récompensé par la vue du produit fini et la fierté que l’on ressent au moment de presser le bouton play pour le montrer à ses proches.


Pour prendre contact avec l’association l’équipée c’est par ici.

Pour en apprendre un peu plus sur le cinéma d’animation français, il existe un très bon documentaire produit par Quazar dont voilà un extrait avec Michel Ocelot,  réalisateur de Kirikou et la Sorcière par là.

Pour découvrir l’animation dans la Drôme, voici un reportage sur la Cartoucherie de Bourg-lès-Valence juste là.

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